Inclassables

Cetro, auteur – portrait

Cetro est un peu mon coup de coeur de l’année 2015. Je l’ai découvert par hasard sur le net en lisant « Sam ». J’ai chroniqué trois de ses romans et au fil de nos échanges, j’ai apprécier l’homme. J’ai posé mes questions, il m’a répondu par écrit… Cetro participe au concours pour le prix 2016 du polar auto-édité et il semble bien parti. Je lui souhaite de l’emporter…

1. Tu es un auteur qui s’auto-édite. As-tu envoyé tes manuscrits à des maisons d’édition ?

Je m’auto édite depuis le départ, par commodité et facilité plus que par « idéologie ». Il est vrai que la liberté que cela procure en apparence est plaisante. Maintenant, pour réellement percer, il faut aussi se rendre esclave du marketing… et je suis fait pour certaines choses, mais vraiment pas pour ça lol. J’ai commencé à envoyer des manuscrits à quelques maisons d’édition traditionnelles… qui rarement répondent, ne serait-ce que pour dire non. Je suis en attente de deux réponse, l’avenir dira si cette attente aura été utile, et si, quand bien même cela devrait-être des refus, j’obtiendrai des motivations à ces refus. Le but est d’ailleurs celui-là, obtenir des avis de professionnels, voir si je fais fausse route ou pas. Pour finir, je ne me fais pas beaucoup d’illusion du côté de l’édition, vu mon style et le ton employé dans mes bouquins. Mais… qui vivra verra.

2. Tu as écrit trois romans en un temps record. Quand tu bosses sur un projet, tu consacres combien de temps à l’écriture. Tu ponds ton bouquin en combien de temps ?

téléchargement (2)En gros, en deux ans d’écriture, j’ai écrit 10 romans. En règle générale, j’évite de faire traîner l’écriture sur de longs mois, pour rester au plus près du sujet, du ton, des personnages. J’écris le plus souvent un roman en deux mois environ. Sur la journée, ou plutôt la nuit, mon temps d’écriture est variable. Disons que je me fixe un nombre de mots minimum à atteindre chaque jour, et que tant que ce quota n’est pas atteint, j’écris. Cela peut prendre une heure comme trois ou quatre. Jusqu’à maintenant, le livre sur lequel j’ai travaille le plus vite, non par volonté, mais par véritables pulsions d’écriture, c’est Eveil, écrit en quinze jours. Une réelle jouissance de voir avancer un projet aussi vite. Je me suis beaucoup amusé à écrire ce livre, en dépit de son côté « horrible ».

 

3. Tes livres sont en vente au format numérique sur des plateformes diverses et connues. Alors résultat des courses : ventes ? retours ? de nouveaux lecteurs ? visibilité ?

Je vends au format numérique, en effet. Au départ, je me cantonnais à Amazon kindle. Je dois avouer que c’est là une plateforme très accessible, même lorsqu’on est novice. Le résultat est à la hauteur de ma capacité à me vendre… c’est à dire pas très élevé lol. Le principe est de pouvoir mettre en vente à peu près tout est n’importe quoi, sur ces plateformes, sans censure aucune. Pourtant, dans le fond, la censure finit toujours par s’imposer, d’une manière plus insidieuse. Si les couvertures que tu produis ne collent pas à ce qui se fait habituellement, si ton style s’écarte du chemin tracé, amazon et autres plateformes ne feront jamais rien pour mettre en avant ce que tu écris. Et tes livres se retrouveront derrière un mur de production littéraire plus en accord avec ce qui semble acceptable de vendre. Certains appellent cela la professionnalisation des auto édités, à savoir produire des couvertures « comme » celles des pros, corrections les plus impeccables possibles. Quant au contenu… De mon côté, j’appelle cela la normalisation, ou formatage. Ressemblons-nous, que pas un cheveu ne dépasse. J’ai tout de même une petite base de lecteurs, que je remercie d’accepter de lire mes viles élucubrations. Je dois dire que les retours que j’ai eux, même s’ils ne sont pas aussi nombreux que souhaités, sont très positifs. Certains aiment sortir des sentiers battus, et me font pour cela confiance, et cela fait réellement plaisir. La visibilité, comme je l’ai dit, j’ai du mal à mettre en oeuvre les leviers pour l’atteindre. J’essaie quelques trucs actuellement, aidé par mon frangin, qui a fait mon site auteur… là encore, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage lol.

4. Tu critiques notre société et celle qu’elle tend à devenir. Exemple les réseaux sociaux, la télé poubelle, l’effet spectateur… Vis-tu à la bonne époque Cetro ?

En effet, mes livres ne sont pas tout à fait un panégyrique de notre société, qui me semble devenir de plus en plus froide, impersonnelle et inhumaine. Malgré cela, j’ai toujours espoir en ce réveil de valeurs plus humanistes. Et après tout, chaque époque a su éveiller chez les auteurs ce besoin de faire couler l’encre. Si tout se passait bien, je ne suis pas certain que je trouverais l’envie d’écrire.

5. Tes personnages sont souvent des enfants malmenés par les adultes. Et quand adultes il y a, ce sont soit des enfoirés ou de bonnes personnes.

En effet, j’aime assez me mettre dans la peau d’enfants pour ouvrir les yeux sur notre monde. Cela donne une dimension plus terrible encore à notre quotidien. C’est aussi et surtout une manière de dépeindre les relations de puissant à faible, de maître à soumis. Ces enfants que je dépeins ne sont personne d’autre que nous même, acteurs de la société, employés, petits patrons, confrontés aux ogres du grand patronat et de la finance. Nous les regardons pour le moment comme l’enfant perçoit l’autorité, mais un jour, nous grandirons.

6. Tu t’es parfois découragé ? Envie d’arrêter d’écrire ?

Si je me suis parfois découragé et eu envie d’arrêter d’écrire? Environ vingt fois par jour oui lol. Oui, bien sûr, je crois que c’est inévitable. Se poser la question de sa légitimité, du bien fondé de ce qu’on écrit, du but poursuivi. Se remettre en question, quoi. Ouais, tout le temps. Je n’ai absolument aucune assurance ni certitude, j’ignore ce que valent mes écrits, et tour à tour peux les trouver minables puis tout aussi acceptables que ce que je peux lire de ci et de là. Si toutefois quelqu’un rencontrait cette miss légitimité de l’auteur, qu’il veuille bien me donner son 06, j’ai deux mots à lui dire.

7. Tu participes avec « Eveil » ton dernier roman au prix 2016 du polar auto-édité. Tu sembles bien parti. Si tu gagnes le prix des lecteurs, qu’est-ce que cela t’apportera ?

Alors, oui, j’ai décidé de participer avec Eveil, qui est tout de même un concentré de ce qu’est mon style et me représente donc assez bien, au prix du polar auto-édité, organisé par thebookedition. Il y a deux prix distincts, celui du jury, et celui des lecteurs. Si je devais emporter un prix, ce que cela m’apporterait? Une forme de reconnaissance et de cette miss légitimité dont je parlais plus haut. L’impression de ne pas écrire en vain, de pouvoir être apprécié au delà du cercle restreint des mes chers lecteurs habituels. Ouais, je crois que ce serait l’apport principal pour moi. Comme un bon point ou une image distribuée à l’enfant que je suis, récompensant son travail. Merci pour toutes ces questions, Catalina, je crois que je viens d’apprendre pas mal de choses sur moi-même en y répondant lol.

 

Merci à toi camarade Cetro… Et vous lecteur, lisez-le et votez, c’est sans danger!

 

Voter pour le prix 2016 polar auto-édite

Site de Cetro

 

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4 comments on “Cetro, auteur – portrait

  1. Ce livre est aussi un de mes coups de coeur de l’année. A recommander absolument.

    Aimé par 1 personne

  2. Interview très intéressante =)

    Aimé par 1 personne

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