Essais, documents

Les Disparues de Vancouver Elise Fontenaille

Avant que le cortège s’ébranle, une femme prend la parole, pour évoquer la mémoire des Disparues, on entend des cris çà et là : « honte au Canada !

Indienne, pauvre, invisible, junkie et pute voilà le profil de l’ensemble des disparues évoquées dans le petit bouquin d’Elise Fontenaille Les Disparues de Vancouver. Ce sont des filles de Skid Row, elles y tapinaient pour pouvoir se payer leur came. Prostituées et

autochtones, voilà des disparitions qui intéressent peu les autorités. Les filles du Downtown Eastside n’intéressent personne d’ailleurs. Le Downtown Eastside, le plus vieux et le pire quartier de Vancouver, plaque tournante de la came et du cul, un quartier à haut risque, en plein centre ville, la cour des miracles entre Chinatown et le quartier des affaires. C’est là que tapinait Sarah, une jolie métisse. Et puis un jour, elle disparaît comme les autres. Un homme est effondré et la cherche partout désespérément. Ce n’est pas son homme Wayne Leng, juste un client devenu son ami et son confident. Lui est fou amoureux d’elle alors il la cherche à plein temps, laisse tomber son boulot, crée un site missing. Il veut savoir, il saura. Sarah est une des victimes du tueur en série Pickton le Boucher, fermier,éleveur de porc et propriétaire avec son frère d’un bouge, le Piggy’s Palace, un bouge bien glauque, le repaire des Hell’s Angel. Pickton déteste les putes, mais vénère les motards. Son rêve être l’un des leurs. Plus d’une cinquantaine de victimes à son actif, toutes prostituées, abusées, tuées et dépecées. Elles finiront dans la gamelle des porcs ou transformées en saucisse pour les clients et le voisinage. Il était généreux Pickton, il aimait bien régaler ! La ferme des Pickton était un véritable charnier.

Entendu un soir dans un bar : « un quart des Canadiens ont du sang indien dans les veines, les trois-quarts restants ont du sang indien sur les mains »

Le livre tourne autour du cas Sarah de Vries, de l’affaire Pickton. La situation de ces femmes invisibles, autochtones est abordée un peu rapidement à mon goût mais bon… suffisamment pour que j’ai envie d’en savoir plus. À noter qu’on récence aujourd’hui environ 1200 femmes disparues ou assassinées. Sont évoqués brièvement, le scandale des pensionnats indiens residential schools, le retrait massif des enfants autochtones de leur famille dans les années 1960, la marginalisation et le racisme. Quelques mots aussi sur Highway of Tears, en Colombie-Britannique, au Canada, l’autoroute des larmes, encore un lieu maudit pour les femmes. J’oubliais, dimanche dernier sur France Inter, j’ai écouté une superbe émission en direct sur le sujet. C’est drôle, je venais de commencer le livre. Je vous laisse le lien :  Canada : portées disparues, le drame des femmes autochtones. Et puis, jetez un oeil sur Héroïnes de Lincoln Clarkes.

Date de parution février 2010
Éditeur Grasset
Collection Ceci N’est Pas Un Fait Divers
97 pages

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18 comments on “Les Disparues de Vancouver Elise Fontenaille

  1. Le premier paragraphe qui commence par « Indienne, pauvre, invisible, junkie et pute voilà le profil de l’ensemble des disparues évoquées dans le petit bouquin d’Elise Fontenaille Les Disparues de Vancouver. » est de toi ou c’est un extrait ? Car, c’est superbement écrit…

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  2. Nous avons effectivement des histoires d’horreur ici… Les pensionnats autochtones en sont certainement une, tout comme le manque de volonté des autorités policières et politiques pour mener des enquêtes sur la disparition de ces femmes autochtones… Catherine Harton dans son recueil de nouvelles Traité de peaux aborde ces événements… Voici le lien de ma chronique https://madamelit.wordpress.com/2016/03/08/madame-lit-traite-des-peaux/ Merci Cat pour ce superbe billet!

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  3. Un livre qui pourrai m’intéresser je trouve qu’on en parle trop peu…

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  4. Un blog qui incite à la lecture…
    Des lectures bien proposées, très intéressantes.

    Merci d’être venue visiter mon blog.

    J’aime ton blog

    Amitiés

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  5. Très belle article. Merci pour le lien vers les superbes photographie de Lincoln Clark. Elles illustrent parfaitement ton article. Je ne connaissais pas son travail. Donc c’est une double découverte (un livre et un photographe) 🙂

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  6. Je garde un souvenir un peu en suspens sur ce livre.. Comme une bulle de lecture plutôt terrible.

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  7. Ben dis donc, pas tres leger comme lecture, mais effectivement ca m’interesse aussi. Merci pour cette decouverte, je prends bonne note.

    Aimé par 1 personne

  8. Ping : Soeurs Volées – Emmanuelle Walter – Chroniques Aiguës

  9. Ping : Blue Book – Elise Fontenaille N’Diaye – Chroniques Aiguës

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