AUTOEDITION Romans

Comme des nains dans leurs mains Benoît Couzi

« Notre bonne humeur a disparu, l’un des nôtres a été enlevé, brutalement, tout ceci nous met en face de la réalité : nous sommes à la merci de l’administration. Comme des nains dans leurs mains ».

Retrait de permis, et pourtant, un jour, il prend sa voiture pour aller acheter une broutille au village. Récidiviste, il prend trois mois fermes. À cinquante-sept ans, c’est dur.

Dans le milieu carcéral en France, il y a comme un malaise : surpopulation, promiscuité dans les cellules, des lieux où l’on survit et qu’on partage à trois ou quatre. Il y fait gris et sombre car les fenêtres sont insignifiantes. Et puis, repas infects, brimades et agressions morales, ennui, atteintes à la dignité, manque d’hygiène, sentiments exacerbés, crises d’angoisse et périodes d’euphorie, envies de suicide, indifférence de l’administration, pas de réinsertion… Atteinte à la dignité de l’homme. L’indignité est la règle…

 

Voilà toutes les phases par lesquelles passe Courseau le protagoniste de « des nains entre leurs mains ». Chef d’entreprise, cinquante-sept ans, pas un délinquant, un ancien pour les autres codétenus, alors respect pour les anciens, on le vouvoie, lui, çà lui fout un coup de vieux du coup, mais c’est la règle en prison. Première étape tout en douceur le quartier des arrivants et puis après, arrive le coup de massue, on passe aux choses sérieuses, la vraie prison, un lieu hiérarchisé peuplés de blancs, de braquos véritables stars et de pointeurs, les bêtes noires. La prison, un petit monde qui s’organise à l’intérieur, trafics divers et où règne la loi du plus fort.

« Les hauts murs de la prison sont moins insurmontables que le rejet et le vide que nous lisons souvent dans les yeux des gardiens »

De la pudeur dans l’écriture et pourtant, ce qui se dit est un bien triste constat. L’auteur, la prison, il la connaît pour y avoir été visiteur pendant six mois… Six mois d’enquête à la prison de Châlon, quarante détenus interrogés, deux années d’écriture, une expérience douloureux qu’il ne renouvellera pas. Tout en lisant, j’ai essayé de me mettre à la place de ceux qui ont pris beaucoup plus de Courseau. Comment tenir ? Comment se réinsérer ? On sens bien que le système vous laisse tomber, que l’homme ne vaut pas grand chose. Terrible… Oui comment tenir… Courseau, c’est la promenade, qui lui permet de tenir, notre homme court dans la courette à ciel ouvert, une course difficile à cause des virages continuels et les détenus qu’on doit éviter. Parfois, sa hanche le prive de course… Un sale coup pour le moral.

Un beau témoignage que je conseille vivement et merci à l’auteur de m’avoir envoyer son roman et de m’avoir fait confiance.

Chez Edilivre

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2 comments on “Comme des nains dans leurs mains Benoît Couzi

  1. Belle critique Cat…

    Aimé par 1 personne

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