AUTOEDITION Romans

Le carnaval des illusions – Jo Rouxinol

Eva est pionne dans un collège de banlieue et prépare en parallèle le capes. Elle a quitté précipitamment le Brésil un an plus tôt ainsi que l’homme qu’elle avait suivi là-bas… Elle tente tant bien que mal de se reconstruite, d’oublier. Au collège, la vie n’est pas un long fleuve tranquille et Eva assiste aux dérives, des dérives qui la replongent au coeur des bidonvilles cariocas.


13903435_134314467007075_2940379385986363397_nUne belle surprise ce roman que l’auteur m’a gentiment proposé à la lecture. Je l’en remercie. Une plongée au Brésil, dans les favelas de Rio où la mégalopole brésilienne s’apprête à accueillir le Mondial de foot et les JO. Une ville où se côtoient touristes, misère et violence. L’État s’apprête à passer la ville au kascher en déclarant la guerre aux narco­tra­fiquants, mais surtout, derrière tout cela, il y a la volonté d’un grand nettoyage social contre les misérables ou miséreux comme vous voulez. Ces dérivés et débordements Jo Rouxinol les évoque : meurtres, expulsions, répression, destructions…

Eva la narratrice, un personnage attachant et fragile, a une sorte d’attachement viscéral pour le Brésil, une terre où elle n’a aucune attache si ce n’est l’amour que lui portait sa mère, morte trop jeune. Elle aussi n’avait rien à voir avec le pays, seule la musique, les chansons chantées phonétiquement remplissaient son quotidien. Comme la mère, l’oreille de la fille est bonne, le rendu aussi, on dirait du local. Et puis, une rencontre avec un homme, un soir dans une boîte, va conduire Eva à tout plaquer et partir au Brésil. C’est là qu’est sa place. Mais ça c’était il y a un an…

Des flashback brésiliens, où on a droit à des portraits magnifiques d’enfants et d’adolescents des favelas, à l’ambiance des rues, la chaleur, la pluie diluvienne parfois, la musique, le chant, les paysages magnifiques ,le son, la musique toujours présente, mais aussi le côté sombre de la mégalopole, la violence, la prostitution, la drogue, des gosses livrés à eux-mêmes… Sur le quotidien d’Eva à Paris, pas grand chose du côté privé mais c’est au collège qu’il se passe des choses dramatiques. L’auteur pointe du doigt le cyberharcèlement, la violence dans les collèges, la démission de certains professeurs, l’engagement d’autres, la rumeur, la stigmatisation, le suicide.

Pour conclure,  un roman que j’ai dévoré, bien écrit, rythmé, prenant, des transitions de la France au Brésil bien menées. Un livre intéressant et un bon premier roman. Hâte de lire le prochain .

En vente broché ou numérique sur amazon

Publicités

2 comments on “Le carnaval des illusions – Jo Rouxinol

  1. Un joli titre. Et ton billet donne envie de se plonger dans ce roman même si cela doit être sombre. J’aime bien quand différents lieux se superposent et se répondent

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :