Essais, documents

Blue Book – Elise Fontenaille N’Diaye

J’ai découvert Elise Fontenaille-N’Diaye avec les Disparues de Vancouver, j’avais beaucoup aimé. Là, il s’agit d’un autre sujet… Alors qu’elle faisait quelques recherches sur son arrière grand-père, le général Charles Mangin, dit « le Boucher du Maroc », « le Broyeur de Noir(s) », « le Boucher de Verdun »… sympathique personnage… l’auteure tombe par hasard sur un des rares exemplaires du Blue book, un rapport rédigé en 1917 par le jeune juge irlandais Thomas O’Reilly. Le contenu, 200 pages rédigées en trois mois, 49 témoignages sur les 70 recueillis, des témoignages qui parlent des atrocités subies par deux peuples autochtones, les Hereros et les Namas. A partir de ce précieux document, Elise Fontenaille N’Diaye, nous parle de ce génocide malheureusement méconnu et pourtant terrible et dévastateur.

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Entre 1884 et 1911, l’Allemagne colonisatrice s’attaque au Sud-Ouest africain, l’actuelle Namibie. Ils vont apporter la Lumière de l’Europe à ceux qui demeurent encore dans les ténèbres. A l’esclavage va bientôt succèder la colonisation, puis très rapidement l’extermination quasi totale de deux peuples pacifiques.

Les Allemands n’ont qu’un souhait : une Afrique sans Africains. Alors, ils mettent le paquet : spoliations, génocide, viols, travaux forcés, utilisation d’une main-d’oeuvre gratuite, et illimitée, camps de concentration dont le plus tristement célèbre Shark Island. Terrible!

« Les universités allemandes étant très demandeuses de crânes nègres pour leurs études, on a trouvé un travail autre que la pose de rails pour les prisonnières de Shark Island et de Swakopmund : une fois que l’on a pendu les hommes, on leur tranche la tête, on la confie aux captives, à charge pour elles de les faire bouillir, d’en extraire les yeux, la langue et le cerveau puis de ­racler la chair jusqu’à l’os avec des tessons de bouteilles – celles que les soldats ont vidées la veille.
La plupart du temps, ces crânes sont ceux de leurs proches, de leurs frères, de leurs fils, de leurs pères, de leurs cousins.
Shark Island devient l’île des mortes-vivantes. »

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Un essai, très dur, avec des faits qui dépassent l’entendement tant ils sont inhumains. Un drame oublié, et un génocide que l’Allemagne refuse toujours de reconnaître… A lire pour l’effort de mémoire car il ne faut pas oublier.

Autre livre que je vous conseille, Galadio de Didier Daeninckxet qui pointe du doigt la machinerie nazie contre les « Bâtards de Rhénanie ».

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7 comments on “Blue Book – Elise Fontenaille N’Diaye

  1. Je l’ai lu, c’est vraiment sordide – et une période oubliée ou très peu connue. On dirait que ces colonisateurs ont une grande expérience du génocide ( c’est surement un autre débat )

    Aimé par 2 people

  2. Ouf! Je serais incapable… Je pleurerais continuellement en lisant…

    Aimé par 3 people

  3. J’en apprends tous les jours…

    Aimé par 1 personne

  4. Bonjour,
    Aïe, je ne savais pas qu’elle était l’arrière-petite-fille du général Mangin de sinistre mémoire (même si son nom est moins connu aujourd’hui).
    Le Galadio est très bien en effet, quoi qu’un peu court (comme souvent avec Daeninckx) et sur un autre sujet tout aussi tragique, il a écrit « Canibale ».

    Aimé par 1 personne

  5. Heureusement qu’il existe de tels livres !
    Mais comme Madame, je flancherais et ne pourrais pas le lire

    J'aime

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