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« 2710 jours » Lucien Violleau (1916-2003)

« Ma vie militaire est terminée. 2710 jours… Quatre-vingt neuf mois, ou sept ans et cinq mois… Une paille… Dont cinq ans moins un mois passés en captivité. Je suis rentré dans la vie militaire à vingt et un ans, j’en sors à vingt-neuf ».

Lucien, cultivateur vendéen, a vingt et un ans en 1937 lorsqu’il est appelé à servir sous les drapeaux. C’est durant ses classes à Montargis qu’il commence son journal de guerre, un journal de bord. Trois ans après s’être engagé dans la vie militaire, il est fait prisonnier entre les mains de la Wehrmacht victorieuse et conduit en Allemagne.

Des lendemains qui déchantent, derrière les barbelés

Juin 1940, il est déporté une année dans le camp de concentration improvisé de Poussy où s’entassent 6300 prisonniers, puis l’année suivante sur le territoire du Reich où il arrive en décembre 1941. Lucien sera astreint au travail obligatoire, il rejoindra la main-d’œuvre forcée, soumise à dure épreuve où il travaillera dans des carrières et de temps en temps dans chez des paysans allemands, c’est ce que Lucien préfère car il y reçoit un traitement plus humain. Cinq années de captivité, où il vit dans des Stalags et autres lieux de fortune toujours clôturés de fil de fer barbelé, sommairement équipés, où les soldats sont regroupés par nationalités. Lucien constate le traitement inhumain auquel sont soumis les Russes et les polonais.

Il écrit Lucien, il raconte les conditions de vie, l’exploitation maximale, l’aspect financier de cette exploitation pour l’Allemagne, les conditions de survie, les faibles rémunérations, le manque de nourriture, la hiérarchie, la discipline, la maladie, les conditions sanitaires et les conditions de vie qui se dégradent avec la fin de la guerre, les bombardements, la déroute qui pointe son nez et la liberté prochaine enfin.

Un témoignage rare et précieux que ce journal resté dans la famille et qu’aujourd’hui, le petit fils de Lucien, Damien Pouvreau met en scène dans un spectacle qui s’intitule « 2710 jours de ma jeunesse ». Je tiens à remercier les éditions les Archives Dormantes de m’avoir envoyé ce merveilleux témoignage mais également, je tiens à les féliciter pour leur choix éditorial axé sur la mémoire et l’effort de mémoire. C’est une priorité à faire valoir et surtout auprès de nos jeunes générations. Hâte de lire le prochain témoignage.

Les archives Dormantes

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3 comments on “« 2710 jours » Lucien Violleau (1916-2003)

  1. Merci pour ce témoignage du témoignage…

    Aimé par 2 people

  2. Oui, précieux…cela me fait penser, avec un autre support, à la BD de Tardi sur son père « Moi René Tardi, prisonnier de guerre »

    Aimé par 1 personne

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