Romans

« Le Garçon » Marcus Malte

Dès les premières pages, on sait qu’on tient entre les mains un grand roman, de ceux qui marquent un lecteur, de ceux qu’on proposera aux autres, et dont on se souviendra, c’est certain, longtemps. À la lecture du garçon, j’avais l’impression de lire une oeuvre écrite par un auteur du XIXe, de ceux qui ont ma préférence. C’est une histoire de goût…

Le garçon est un pavé de 500 et quelques pages, que j’ai dégustées, savourées comme jamais je crois ne l’avoir fait ou alors, il y a fort longtemps. Merci donc à Moka du blog au milieu des livres de m’avoir parrainé pour les matchs de la rentrée littéraire PriceMinister et permis de recevoir à la maison cette pépite que je conserverai précieusement. Encore merci marraine.

1908, le garçon a douze ans, il vit dans la forêt quelque part dans le sud de la France, il vit seul avec sa mère. L’enfant est muet, il pourrait être l’enfant sauvage de Truffaut, le fameux Victor de l’Aveyron. Le garçon de Marcus Malte, lui, est un être pur, un être à l’état brut, un diamant brut. La mère meurt, alors le garçon ne veut plus vivre seul, dans la forêt, il veut savoir, connaître, il ne veut plus se tenir à l’écart du monde comme en avait décidé la mère. Il veut suivre d’autres voies et se confronter à ses semblables. Alors, il part à leur rencontre. On suivra le garçon jusqu’en 1938. Fin bouleversante…

« Ma fleur, ma seule et unique , c’est à toi que je l’ai offerte. Et c’est à toi que je veux offrir à présent un jardin tout entier. C’est dire ce qui a poussé depuis ! Il est vrai, mon bougre, que tu as beaucoup, beaucoup planté. Hardi, les coups de pioche ! Hardi, les coups de bêche ! Et la sève n’a pas non plus manqué. Au fond ce serait plutôt toi, l’horticulteur, pour peu que l’on mette l’accent sur la troisième syllabe, bien entendu… Bref, c’est notre anniversaire, ce jour. Joyeux anniversaire, mon amour ! »

Un personnage central muet mais clairvoyant, extralucide qui découvre, les hommes, les bons, les mauvais, l’amitié, l’amour, la mort, la guerre. Des moments de grâce à travers les mots de Marcus Malte et dans les yeux du garçon, lorsqu’il est question de nature, de bêtes, d’insectes, d’odeurs. Puis, c’est la découverte enfin des hommes. Une première rencontre difficile, mais peu importe au garçon, il s’accroche, il veut s’intégrer et il observe, surpris parfois, par la réaction de ses semblables si différents de lui. Ils le chassent et sa route va le conduire ailleurs, près d’une bonne personne et c’est l’amitié sincère mais trop courte, qu’il découvrira et partagera auprès du géant Bareck. Mais l’homme a de vieux démons dans la tête qui viennent le hanter régulièrement. Le garçon repartira sur la route seul. Puis, une famille l’accueille, un père veuf et sa fille. Le garçon va découvrir l’amour avec cette sœur adoptive incestueuse, fougueuse et entreprenante, tantôt soeur, perceptrice, amante et putain, la merveilleuse Emma. C’est ensemble qu’ils découvriront l’amour, jeux amoureux, érotisme brûlant, livres interdits achetés clandestinement et c’est la nuit qu’Emma lit à voix haute pour le garçon qui ouvre grand les yeux toujours. Et on lit les mots, on assiste à leurs ébats amoureux, sensuels, érotiques, fougueux, sans tabous aucun et toujours le débit bien fourni, imagé, jeux de mots à gogo d’Emma, femme enfant, aînée de dix du garçon qu’elle a baptisé Felix. De l’émotion aussi lorsqu’elle doute. Elle aime tellement le garçon. Et puis, la guerre. Voilà le garçon projeté dans la fosse aux lions s’en est fini de l’innocence… Que les hommes sont décevants!

« Il est usé. Dehors, dedans, dedans, dehors: quelle différence ? Quelle importance ? Seulement celle qu’on lui accorde. Il a vu déjà beaucoup de choses. Il en a perdu beaucoup . L’innocence et l’insouciance et le désir et la joie et…Mieux vaut ne pas compter. Qu’a-t-il gagné en revanche ? »

À lire, c’est merveilleux, émouvant, bouleversant, c’est riche de mots, d’images, d’odeurs, d’horreur, de poésie, de petits rappels historiques, d’anecdotes aussi… Difficile de ne pas aimer le garçon. 

Publicités

19 comments on “« Le Garçon » Marcus Malte

  1. Difficile de ne pas aimer ta critique.

    Aimé par 1 personne

  2. Ce n’est pas un résumé qui me tente particulièrement mais je suis curieuse =)

    Aimé par 1 personne

  3. Oh oui, ce roman est sublime, et puis tellement bien écrit !!

    Aimé par 1 personne

  4. Certains ont trouvé des longueurs, toi pas particulièrement apparemment. Ta critique va m’encourager à l’attaquer alors😉merci et bonne soirée !

    Aimé par 1 personne

  5. Un plaisir, ta chronique, merci Cat !
    Toujours pas lu, il faut que je m’y mette

    Aimé par 1 personne

  6. Un roman contemporain qui m’a vraiment marquée ! Je suis ravie que tu aies aimé ce titre. Dommage de le voir chroniqué après les matchs, tu aurais pu participer au concours pour le prix de la meilleure chronique ! (Après, je comprends que cette lecture prenne du temps et mérite d’être savourée…)

    Aimé par 1 personne

    • Et bien Moka… Je n’avais pas compris le principe. Je ne savais pas qu’il y avait compétition. Bon ce n’est pas grave, j’ai aimé le bouquin et l’auteur. C’est ce qui compte… Bonne journée!

      Aimé par 1 personne

  7. Je me le suis offert il y a peu. Après toutes ces chroniques merveilleuses, je crois que cela aurait été un crime de le laisser passer !

    Aimé par 1 personne

  8. Il me tarde de le lire…

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :