Romans

« L’appel des oliviers » de Françoise Evenou// Masse Critique Babelio

« Et Alvaro vit dans ses yeux comme un air de défi : il serait toujours le préféré, le savant, le diplômé. Tout ce qu’il n’était pas. Tout ce qu’il ne possédait pas ».

Depuis la mort de sa mère, Alvaro gère et administre seul la propriété et ses oliviers, son père est inconsolable et son frère cadet est parti étudier à Cordou. Alors, ses terres, son verger incomparable sont sa seule raison d’être. Cinq ans plus tard, le frère cadet Andres est de retour. Alvaro ne supporte pas l’idée de partager son domaine, se considérant comme le seul et l’unique héritier. Un jour, Alvaro tente de tuer son frère et le laisse pour mort, son père le chasse du domaine. Le fils aîné est condamné à errer sur la terre.

Je remercie Babelio et sa masse critique pour avoir retenu ma candidature. Ce court texte m’a interpellé, car il était question de l’Andalousie et du thème de la rivalité, de la jalousie et de la haine au sein de la fratrie. Le mythe des frères ennemis est un thème qui m’intéresse. L’auteur revisite une histoire biblique, celle de Caïn et Abel. C’est très joliment traité et puis il y a l’ attachement de cet homme à sa terre, cette terre devenue son seul port d’attache puisqu’il n’a plus rien et dont il va être privé. C’est très beau et touchant.

« L’appel des oliviers » de Françoise Evenou, est un conte, très bien écrit, que j’ai dévoré d’une traite. Elle évoque l’Espagne médiévale, le sage Alfonso X, Al Andalou, l’Espagne des trois cultures, où cohabitèrent durant plusieurs siècles juifs, chrétiens et maures, une cohabitation qui cédera la place à l’expulsion ou la conversion de force au nom de la pureté du sang. Elle cite Boabdil, le dernier roi musulman d’Espagne. La légende raconte que contraint à l’exil, il jeta un dernier regard sur sa cité et se mit à pleurer, c’est alors que sa mère lui dit « ne pleure pas comme une femme, pour ce que tu n’as su défendre comme un homme »El Suspiro del Moro.

À de très courts moments, une vision un peu trop romantique de l’Espagne, de l’Andalousie, semblable à celle des voyageurs romantiques du XIXème siècle. On croise dans le récit, la Carmen de Mérimée à qui nous autres préférons la vraie, « la Carmen de España » car celle décrite par l’auteur français n’est pas la jeune femme de Triana qui travaillait dans une usine de cigares… L’auteur cite certains chants flamencos, ce qui m’a interpellé puisque je suis chanteuse de flamenco et oui la solea est effectivement la mère du chant flamenco, la madre del cante flamenco. Je pense que Françoise Evenou est une amoureuse de l’Espagne.

Alors, j’ai été sous le charme de cette plume et de ce récit plein de sagesse. Je ne peux que conseiller.

En vente aux éditions Salvator

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3 comments on “« L’appel des oliviers » de Françoise Evenou// Masse Critique Babelio

  1. Un peu de sagesse dans ce monde de brute…

    Aimé par 1 personne

  2. cassigneul

    La Force et pureté des sentiments sont tellement bien décrites … Bravo ! Ce livre fait du bien .

    Aimé par 1 personne

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