Polars Romans

« Memento mori » Sebastià Alzamora

Memento mori
« souviens-toi que tu vas mourir »

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Curieux roman noir que le Memento Mori de l’espagnol Sebastià Alzamora, un roman que je ne saurai classé, fantastique un peu, historique également, polar…

L’histoire se déroule durant l’été 1936 à Barcelone, ce sont les débuts de la guerre civile espagnole, les militaires réunis autour de Francisco Franco tentent de renverser la jeune République élue démocratiquement, c’est un coup d’Etat. Il y aura « la terreur blanche » puis un épisode dont on parle moins « la terreur rouge » celle perpétuée par les anarchistes et Républicains. C’est le cas avec Memento Mori où on chasse la classe bourgeoise, le clergé, et les partis de droite. C’est l’épuration et la répression, incendies d’églises et assassinats se multiplièrent dès le 19 juillet en Catalogne, mais aussi à Madrid et en Andalousie, ce sont des bandes isolées qui commettent ces actes, milices armées recrutées par les partis politiques et les syndicats.

Deux meurtres dans la rue, celui d’un frère mariste et d’un jeune garçon tout près d’une pension dans laquelle se sont réfugiés des prêtes maristes qui attendent de sortir de là, leur représentant est en pourparlers avec le chef des anarchistes, un sale type difforme et fanatique Manuel Escorza. Le mode opératoire est surprenant, ils ont été vidés de leur sang ce qui laisse penser qu’il pourrait s’agir d’un vampire. Dans la pension, il y a l’infâme éminence qui se croit tout-puissant, symbole de la toute-puissance de l’Église espagnole en ces temps, dont les anarchistes négocient la vie auprès des fascistes. L’homme de Dieu a jeté son dévolu sur une jeune novice orpheline de treize ans.

Premières lignes le vampire écrit, il écrira à plusieurs reprises d’ailleurs, mais ce vampire n’est qu’un prétexte, existe-t-il vraiment ou bien est-ce une personne comme vous et moi… Je vous laisse le deviner. En cette période trouble de la guerre d’Espagne, une guerre fratricide, qui ne fait malheureusement pas émerger que des héros, mais plutôt des hommes avides de pouvoirs et vaniteux dans les deux camps. « La terreur blanche » a été d’une violence terrible et dévastatrice. Il est vrai que dans la littérature, on parle peu de la rouge qui est aussi un épisode de l’histoire.

Et puis, il y a ce cheval mécanique conçu avec les lambeaux de chair des victimes de la terreur, surprenant cheval qui fait penser au cheval présent dans l’œuvre de Guernica du peintre andalou Pablo Picasso, son chef-oeuvre. Le cheval qui représente le peuple, l’animal est éventré, incarne la liberté qui se meurt…

J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans au préalable, mais j’ai poursuivi et je ne le regrette pas, c’est très bien écrit, une ambiance particulière baroque, gothique… C’est très beau !

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8 comments on “« Memento mori » Sebastià Alzamora

  1. La couverture est flippante…

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  2. Gothique, sombre, macabre, un soupçon d’histoire, une belle suggestion Cat! C’est vrai que la couverture a un quelque chose d’inquiétant, voire d’effrayant.

    Aimé par 1 personne

  3. Merci pour toutes ces chroniques, cela me permet de découvrir l’Espagne.
    Celui là devrait me plaire !!

    Aimé par 1 personne

  4. Très bonne chronique permettant de se pénétrer profondément dans l’idée du livre.

    Aimé par 1 personne

  5. Ping : « La mauvaise femme » de Marc Pastor – Chroniques Aiguës

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