Polars Thriller

« La mauvaise femme » de Marc Pastor

 » – le vampire que nous recherchons est méthodique, froid et manipulateur. Afin de ne pas s’exposer, il peut s’entourer de gens qui accomplissent un certain nombre de tâches pour lui. Il a deux facettes, son monde intérieur et l’apparence qu’il présente à la face du monde. La brute et l’élégant. Et il ne vit pas seulement du sang qu’il suce, il le commercialise également. Le vampire que nous recherchons doit être un médecin, un rebouteux ou un guérisseur, je pencherais plutôt pour cette dernière possibilité, car notre vampire a des liens avec la culture populaire, c’est certain. Ce n’est pas un scientifique, sa connaissance provient de la tradition orale »

Après « Memento mori » de Sebastià Alzamora, me revoici de retour à Barcelone, dans la ville intemporelle et c’est avec surprise que je retrouve le thème du vampire, un thème qui revient souvent chez bon nombre d’auteurs espagnols en tout cas lorsque le décor est Barcelone. Alors qui est cette mala dona ?

« La mauvaise femme » de Marc Pastor n’est autre que la fameuse Enriqueta Martí i Ripollés qui défraya la chronique à Barcelone en 1911. Tueuse, ravisseuse et proxénète d’enfants, ancienne prostituée, celle qu’on appelait « la vampire de Barcelone », fournissait aux gens de la haute des petites potions miracles confectionnées avec les restes de ses petites victimes, enfants de prostituées et d’invisibles.


Curieux personnage que cette Barcelonaise qui mendiait le jour et qui, certains soirs, se parait pour se rendre dans les salons huppés de la bourgeoisie catalane. C’est du côté de « El Raval » qu’elle sévissait, un quartier pauvre de la capitale catalane, celui qu’on appelait aussi « el barrio chino » haut lieu de la prostitution et de la misère.
Nous voilà plongés dans un Barcelone qui ressemble au East end de Londres, jungle dangereuse où se concentrent pauvres, immigrants et où les enfants sont livrés à eux-mêmes. C’est l’inspecteur Moisés Corvo qui mène l’enquête sur ces disparitions inquiétantes, l’homme est un flic efficace, aux méthodes musclées, qui cache un mal-être et se réfugie dans l’alcool et dans les bras des prostituées.

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Le récit donne froid dans le dos, mais lorsque l’on connaît les détails de l’affaire, on peut se dire que l’auteur est resté soft. On ressent ce danger pesant qui rôde autour des enfants, et le malaise est palpable. Une histoire sordide que nous conte un narrateur tout particulier, la Mort, présence bien assortie au décor et à l’ambiance. Ce témoin suit le déroulement de cette affaire avec grand intérêt et manifeste une certaine affection à l’inspecteur et la folie d’Enriqueta le fascine au plus haut point.

J’ai adoré « La mauvaise femme » et je ne peux que conseiller. L’Espagne a de très bons auteurs de romans noirs, c’est certain et je ne manquerai pas de vous en présenter d’autres.

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3 comments on “« La mauvaise femme » de Marc Pastor

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