Polars Romans

« La ballade des misérables » Anibal Malvar

La petite fille de Perro, un des grands patriarches gitans de la drogue disparaît, comme d’autres enfants gitans du Poblao, décharge à ciel ouvert aux abords de Madrid, supermarché de la drogue, où zonent les junkies et où vivent gitans, roumains, turcs…. Le patriarche est emprisonné pour l’assassinat d’un des suspects.

« Les riches ne peuvent pas s’empêcher d’être méchants et les pauvres ne peuvent pas se payer le luxe d’être gentils »

Voilà un roman chorale atypique car beaucoup de ces voix sont insolites et inhabituelles comme un billet de banque longtemps porte-bonheur dans le porte feuille d’un psychopathe, la bite de Relamio, mari de la Muda, muette et magnifiquement belle, le perroquet du flic à la dérive O’Hara, Tomillo le rat qui se dit intelligent et qui pourtant se fera avoir, la vieillesse, la lune qui ne veut nous dire ce qu’elle a vu au Poblao car sa voix sort de ce que nous appelons sa face cachée, la ville la mort qu’on entend si peu d’habitude et… Puis, les voix humaines qui nous en apprennent chaque fois davantage sur les secrets du Poblao, sur le drame présent, les drames passés, les injustices, les disparitions, le désespoir, la révolte qui gronde.

« Tant qu’il y aura des gens pour en payer d’autres à essuyer leur crasse, il y aura des riches et des pauvres, des baiseurs et des baisés, des entubeurs et des entubés. C’est exactement comme si tu payais quelqu’un pour bouffer ta merde. Il y aura toujours quelqu’un d’assez nécessiteux pour le faire. C’est comme payer pour le sexe »

C’est poétique, lyrique, noir, violent, sombre, cru, cash, une immersion totale dans les bas-fonds de Madrid. De beau personnages et on retiendra surtout Tirao, gitan sans profession, ancien héroïnomane, non violent, cambrioleur, un peu proxénète, le meilleur pickpocket de Madrid, celui qui prend soin de son canari et qui apprêtait avec délicatesse La Muda, celle qui l’aimait tant.

C’est beau, ça marque et je n’oublierai pas ces misérables en marge…Merci au blog The Cannibal Lecteur qui m’a donné envie de le découvrir.

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1 comment on “« La ballade des misérables » Anibal Malvar

  1. J’aime bien la première citation 🙂

    Aimé par 1 personne

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