Romans

« Années lentes » Fernando Aramburu

– Don Victoriano ( le curé) dit : seul est basque celui qui parle la langue basque, l’euskera. Les autres ne sont qu’à moitié basques ou carrément des étrangers. Ces derniers ont été envoyés par l’oppresseur en Euskadi pour nous voler notre âme basque. Tu comprends la combine? Franco est très intelligent. C’est pour cette raison qu’il faut réagir Txiki. Don Victoriano affirme qu’à ce rythme, si nous ne réagissons pas, le jour viendra où nous allons tous danser du flamenco dans les rues de Saint-Sébastien. Tu connais quelque chose de pire, toi? Quel désastre!

Le narrateur s’entretient avec l’écrivain chargé d’écrire un roman court sur une période de sa vie lorsqu’enfant, il quitte son village de Navarre pour s’installer chez sa tante à Saint-Sébastien au pays basque. Une famille mi basque mi navarraise, une tante autoritaire qui n’a pas sa langue dans la poche, un oncle effacé, une cousine qui a le feu aux fesses, un curé qui milite clandestinement pour une patrie basque libérée et enrôle ses jeunes oies, leur inculquant, la ferveur pour la langue et les us et coutumes basques, Julen le cousin germain mouillé jusqu’au cou dans l’action politique clandestine, (peut être un petit clin d’oeil à Julen Kerman Madariaga AgirreIl a été dirigeant d’Euskadi ta Askatasuna et membre éminent de Herri Batasuna), des situations nombreuses qui prêtent à rire, d’autres plus graves, et un petit garçon, le neveu de la famille qui, témoin de se qui se trame et se vit, se souvient et raconte.

Des petites scènes suivies de notes, voilà qui rend la construction de ce roman atypique. Beaucoup d’humour, dans ce roman qui évoque la fin des années 60 en Guipuzcoa où l’état urgence est déclarée comme dans l’Espagne entière d’ailleurs. Euskadi ta Askatasuna (ETA) est en action, Franco est âgé mais veille au grain et les Espagnols vivent sous la dictature. 1970, n’est pas loin et le procès de Burgos va avoir lieu, seize membres de l’ETAT sont accusés des assassinats de trois personnes au cours de la dictature franquiste.

Un court roman excellent qui résume bien l’ambiance qui régnait en Espagne à l’époque et l’impact de l’ETA sur la population basque… Aujourd’hui l’organisation a rendu les armes après plus de 50 ans de violence. Mais le rêve basque lui est-il toujours d’actualité ? Oui, je pense…

 

 

Publicités

3 comments on “« Années lentes » Fernando Aramburu

  1. Ping : « Années lentes » Fernando Aramburu – Chroniques Aiguës | Le Bien-Etre au bout des Doigts

  2. Intéressant ! Merci 🙂

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :