Romans

« Le Village de l’Allemand » Boualem Sansal

Deux narrateurs, deux frères, Rachel et Malrich Schiller, nés d’une mère algérienne et d’un père allemand, puis la « décennie noire » (26 décembre 1991 – 8 février 2002) en Algérie, les parents qui vivaient dans un village paumé sont égorgés la nuit en 1994, comme presque tous les habitants par des membres du Groupe islamique armé (GIA).

L’aîné qui vit en France (les parents l’avaient ainsi décidé pour leur deux fils), part se recueillir sur leurs tombes. Ce qu’il va découvrir sur place, va bouleverser sa vie et le conduire au suicide deux ans plus tard, une longue descente en enfer. Il laissera au cadet un journal. Ce dernier qui a moins bien réussi que son aîné, zone au pied de la cité comme beaucoup d’autres jeunes. La lecture du journal, le suicide de son frère, vont à son tour l’amener à écrire et à se poser des questions, ce qu’il n’a pas l’habitude de faire. Il part à son tour à la quête de la terrible vérité sur le passé de son père, ancien nazi, puis membre du FLN, homme respecté, sommité et sage du village dans lequel il vivait depuis cinquante ans avec son épouse.

Un roman magnifique, basé sur une histoire vraie, un roman chorale bouleversant ou Boualem Sansal fait son devoir de mémoire en évoquant la Shoah à travers ses deux hommes qui découvrent les actes de barbarie commis par les nazis, leur propre père. Evocation des années 90, en Algérie, c’est dix années de plomb et la montée de l’intégrisme dans les cités de banlieue en France. C’est merveilleux, une histoire incroyable, et surtout un acte courageux de l’auteur qui sait qu’il va s’attirer la foudre de certains mais ce qu’il avait à dire, il l’a dit! Et puis les mots de Primo de Levi, auteur, ancien déporté et son « si c’était un homme » qui marque tant l’aîné des Schiller qui se permet d’ajouter quelques phrases au poème. Magnifique! A lire!

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6 comments on “« Le Village de l’Allemand » Boualem Sansal

  1. Un sacré homme en tout cas. j’ai eu l’occasion de l’écouter plusieurs fois et il n’a pas peur de jeter des pavés dans la mare mais curieusement je ne parviens pas à me faire une idée.

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  2. Très belle chronique pour un superbe roman

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